au_curieux

ce jour-là

… j’ai rattrapé mon ombre.

de rouille et d’eau

Léchée par les embruns, la feuille de métal affiche son usure aux passants.

J’imagine son accrochage sous des cieux plus cléments. Une galerie qui ne l’exposerait plus aux bourrasques. Et d’augurer les commentaires mondains sur l’esthétisme de la corrosion. Et d’envisager les supputations galvaudées sur l’audace de l’artiste. Avant que ne soit révélé le nom du créateur : dame Nature !

Sous les lumières de la ville

Sous les lumières de la ville
L’ombre se tait quand la rumeur s’élève
Les corps s’étreignent sur la musique des maux
Les larmes ruissellent dans le caniveau
La différence se perd dans l’obscurité des ruelles
Alors que l’indifférence règne sur les trottoirs des grandes artères
Dans le voile noir des promesses nocturnes
Les mensonges attendent d’éclater à la lumière du jour
Les âmes en veine perdent leur sang froid
Sombrant dans les mirages du désespoir
La folie flamboyante trompe l’innocence
Par delà les mille plaisirs de l’indécence
Les cartes sont sur la table
La chandelle brûle par les deux bouts
Et ce sont les derniers encore debout
Qui tuent le temps à la roulette
Les bas-fonds s’enflamment au son d’une trompette
Incarnée, habitée, possédée
Quand au coin du bar le fantôme du bon vieux Charly
Siège dans les volutes de fumée
Il y en a un autre au bout du rouleau
Qui a tracé la route par tous les détours
Pour finalement échouer sur le comptoir
Dernier phare des sans repères
La belle et l’abimé, le buriné et la brisée
On rend l’âme à qui veut
Des paires qui se font et se défoncent
A coup de marteau pour planter les vices
Les secrets se murmurent au creux des oreilles
Les banquettes sont trempées de confessions
Et le pêcheur reste pêcheur
Voguant sur les vagues de l’amertume
La mélancolie est prise au goulot
Jusqu’à ce que le diable quitte les détails
Et s’immisce dans les grandes lignes de la vie
Remplissant la bouteille vide d’un désespoir abyssal
Des passagers hantent la gare du Saint-Supplice
Alors que les rails sont sans trains
Et les aiguilles sans horloges
Chacun attendant d’embarquer vers le bout de la nuit
On se brûle la rétine en cherchant l’infini du ciel
Mais pas d’étoiles sous les néons
Seulement le sol constellé de cadavres
Ces clous de cercueil piétinés par la vie.

Jocelyn Haumesser

polaroid

peindre

… tentative d’histoire avec quatre captures d’écran.

orteil

rendez-vous

aux cons qui soulèvent les couvercles

« sans l’ennemi la guerre est ridicule » (Pierre Desproges)

talkie-walkie

… quand mon chat entre en lévitation, je m’éclipse. Gagarine n’apprécie pas ma présence lorsqu’il s’envoie en l’air. Peu enclin aux figures acrobatiques, j’opte pour une attitude moins vaporeuse. Je m’affale alors sur le divan et j’écoute Air feulant ses gammes. Mon matou ronronne de plaisir aux flonflons des versaillais. Et durant les ascensions du félin, résonnent les notes du seul album qui nous permette de garder le contact : talkie-walkie !

cartes de voeux

… d’Arsène Schroth (Antonio del Pollaiuolo – Le Martyre de saint Sébastien)

… de Ralph Gordon (Snow inside the 13th floor)